Les expériences des entreprises Japonaises en France : que disent les chiffres ?

ParAIDA

Les expériences des entreprises Japonaises en France : que disent les chiffres ?

Lorsqu’il s’agit de développer une entreprise à l’étranger, les questions juridiques et économiques peuvent être relativement prises en charges par des professionnels. Toutefois, pour les entreprises qui se développent pour la première fois à l’étranger, il faut s’attendre à bon nombres d’imprévus. Parmi ces derniers se trouvent en bonne place les complications liées aux relations avec les partenaires locaux et les employés. On trouvera ici, sur la base d’enquêtes statistiques menées par divers organismes publics et privés, un état des lieux concernant ces difficultés et les risques liés aux différences culturelles et dans les pratiques commerciales.

Situation des entreprises japonaises en développement à l’étranger

Les entreprises japonaises contemporaines développent de plus en plus leur activité à l’échelle globale. Selon une enquête réalisée par le ministère des Affaires étrangères (1), à la date du 1er octobre 2017, le nombre total d’entreprises japonaises (nombre de succursales) dans les pays étrangers a atteint le chiffre record de 75 531. Cette augmentation était de 5,2% entre 2016 et 2017 (3 711) et de 18% (11 754) sur les cinq dernières années. Si les lieux d’implantation sont variés, environ 70% de ces entreprises se regroupent en Asie (Asie de l’Est et Asie du Sud-Est) et environ 12% se concentrent en Amérique du Nord. De plus, 27,2% des entreprises japonaises déclaraient en 2013 qu’elles envisagent de étendre leurs activités plutôt que se maintenir dans leur situation actuelle et 10,4% souhaitent développer leurs activités à l’étranger (2).

Source: Ministère des affaires étrangères du Japon, Bureau consulaire, “Statistiques de l’enquête sur la population des résidents d’outre-mer pour l’exercice 2013” Création graphique : AIDA

Qu’en est-il de la France ?

Selon le rapport du ministère des Affaires étrangères du Japon, le nombre de sociétés japonaises opérant en France était de 719 au 1er octobre 2017. Il se classait alors au 16ème rang mondial des pays accueillant des sociétés japonaises, en hausse de 2,4% par rapport à l’année précédente.

Cette présence en France est donc forte et les entreprises japonaises contribuent ainsi grandement au développement économique local, au développement technologique et à la création d’emplois. Selon le rapport de Business France (3), il occupe le cinquième rang parmi les pays qui investissent massivement en France, tout en maintenant sa position de leader parmi les pays asiatiques.

Comme indiqué dans la conférence de JETRO Paris (rapport ici), l’Europe et le Japon ont signé un accord de libre-échange en mars 2018 et la possibilité d’une alliance commerciale augmente. Dans ce contexte, il n’est pas imprudent d’avancer que le nombre d’entreprises Japonaises entrant en France devrait augmenter à l’avenir, ainsi que la masse des échanges commerciaux entre ces deux pays.

Quel bilan pour les expériences des entreprises Japonaises à l’étranger ?

Bien que le nombre de filiales japonaises ait augmenté d’année en année à l’étranger, un nombre non négligeable d’entre elles durent s’en retirer après y être entré. Quels sont alors les écueils principaux qui peuvent limiter les chances de succès des entreprises Japonaises lors de leur implantation à l’étranger ?

Défis et risques

Selon les données de l’Agence des petites et moyennes entreprises (4), les entreprises Japonaises qui cherchent à invertir et exporter hors du Japon le font dans le cadre de partenariats précédents avec des entreprises étrangères présentes sur le territoire Japonais ou des entreprises Japonaises qui ont déjà une activité à l’étranger.

Cette pratique, qui indique une forme de prudence, peut s’expliquer par des craintes exprimées dans l’étude. Sont ainsi mentionnées de nombreuses raisons pour ne pas engager de transactions avec des pays étrangers. Parmi elles nous pouvons notamment lire « Un grand nombre d’inconnues et un sentiment de floue (57,7%) » et «l’anxiété due aux différences de langue et de culture (49%) ».

Source: Livre blanc sur les PME 2014
Traduction : AIDA

D’ailleurs, 48,5% des entreprises ont des problèmes tels que « Sécuriser, développer et gérer le travail des ressources humaines locales » ce qui met en avant des questions liées à la gestion des ressources humaines.(5)

En ce qui concerne les problèmes financiers et les risques auxquels sont confrontés les entreprises japonaises à l’étranger, 28,9% ont répondu que « le commerce local a des pratiques commerciales uniques » et qu’il existe des difficultés en ce qui concerne les différences de culture d’entreprise. (6)

Alors, quelles étaient les difficultés pour les entreprises qui ont dû se retirer de l’étranger ?
Selon l’Enquête par Organisation pour les petites et moyennes entreprises et l’innovation régionale (7), il était difficile de « trouver et de consolider des partenariats commerciaux sur place (31,1%) », de « produire des biens et d’en contrôler la qualité (18,3%) », ainsi que d’« assumer la hausse des coûts de production (18,3%) ». Vient ensuite des raisons telles que « des problèmes avec les partenaires locaux (16,6%) », la « compétence insuffisante du représentant japonais dépêché sur place (9,5%) », ou encore « la gestion de conflits du travail (2,5%) » etc.

Bien que le contenu de chaque problème ne soit pas expliqué en détail, il est entendu qu’il peut y avoir des problèmes d’interaction humaine et de gestion sur le terrain.

Les Besoins lors de l'expansion à l'étranger

Selon le Livre blanc sur les PME 2014 cité précédemment, les entreprises qui engagent des exportations / investissements à l’étranger souhaiteraient obtenir de la part des agences de soutien officielles, davantage de servies. Sont principalement cités des « Introductions aux destinations de vente (expositions, foires commerciales, réunions d’affaires, etc.) », « des études de marché, et des formations et séminaires pour leurs employés », « une extension des systèmes de prêt public» et «des informations et conseils sur les systèmes juridiques et les pratiques commerciales ».

En ce qui concerne les entreprises japonaises qui ont déjà été établies à l’étranger, on retrouve comme besoins prioritaires des demandes d’« informations sur les systèmes juridiques et les habitudes commerciales du pays où ils sont installés » (à hauteur de 48%).
Source: Livre blanc sur les PME 2014
Traduction : AIDA

S’imprégner de la culture locale et de ses coutumes commerciales !

Lors du développement d’une entreprise à l’étranger, il est important d’en comprendre la culture et les pratiques commerciales locales. L’absence de bonnes relations avec les partenaires et les employeurs locaux entravera le potentiel de développement de votre entreprise.

Au regard du grand potentiel de développement que représente la France pour les développements économiques futurs des entreprises Japonaises, AIDA propose une vaste gamme de services pour vous accompagner et ne pas voir votre projet freiné en raison des différences culturelles et commerciales. Et de faire de cette apparent écueil une source d’opportunités !

■Références

(1)Ministère des Affaires étrangères. (2018). Nombre de résidents étrangers au Japon en 2018 (Population d’outre-mer au Japon: statistiques de la population japonaise). Ministère des Affaires étrangères.
https://www.mofa.go.jp/mofaj/toko/page22_000043.html

(2)Agence des petites et moyennes entreprises. (2013). Points du livre blanc PME édition 2013 (livre blanc PME).
https://www.chusho.meti.go.jp/pamflet/hakusyo/H25/download/13042600h25-Gaiyou.pdf

(3)Business France. (2018). Rapport sur l’internationalisation de l’économie française.
https://www.businessfrance.fr/Media/Default/PROCOM/M%C3%A9diath%C3%A8que/Rapport-2017-sur-l-internationalisation-de-l-%C3%A9conomie-fran%C3%A7aise.pdf

(4)Agence des petites et moyennes entreprises. (2014). Livre blanc PME édition 2014 (livre blanc PME)
https://www.chusho.meti.go.jp/pamflet/hakusyo/H26/PDF/h26_pdf_mokuji.html

(5)Conférence de liaison entre organisations liées au soutien au développement des PME à l’étranger. (2014). Etudes de cas de risques pour un déploiement réussi à l’étranger.
http://j-net21.smrj.go.jp/expand/overseas/pdf/overseas_risk_cases.pdf

(6)Agence des petites et moyennes entreprises. (2014). ibid.

(7)Conférence de liaison entre organisations liées au soutien au développement des PME à l’étranger. (2014). Ibid.

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